Ce qui suit est un résumé, des principaux points abordés lors du colloque de l'ETBD, qui ont été retenus par A. Trautmann. Ce colloque s'est tenu les 10 et 11 mars au CNAM (Conservatoire National des Arts et Métiers) à Paris. Il était placé sous le patronage de ESCMID et des CR-MVT.
CR-MVT = Centres de référence des maladies vectorielles à tiques.
ETBD = European Tick Borne Diseases
ESCMID = European Society of Clinical Microbiology and Infectious Diseases
Un des groupes de travail de l'ESCMID est ESGBOR = ESCMID Study Group for Tick-Borne Diseases
Le comité d'organisation de l'ETBD 2025 incluait 4 français (Alice Raffetin, Pauline Arias, Benoit Jaulhac et Julien Schemoul) et une suédoise (Anna Henningsson).
Le 13 mars 2025, la sénatrice de la Mayenne, Elisabeth Doineau, a posé une question au gouvernement au sujet des dernières recommandations de la HAS sur la maladie de Lyme.
https://www.senat.fr/questions/base/2025/qSEQ25030376S.html
La FFMVT remercie vivement Mme Doineau pour cette question, remarquable de précision et de pertinence, que l'on peut lire ci-dessous.
Le 18 février 2025, la Haute Autorité de Santé(HAS) a publié ses recommandations actualisées sur la Borréliose de Lyme et autres maladies vectorielles à tiques. Cette publication est entachée de plusieurs fautes.
Le communiqué de la HAS qui accompagne cette publication indique à tort que ces recommandations ont été approuvées à l'unanimité par les membres du groupe de travail...
Une nouvelle publication de l'équipe de Monica Embers (Tulane University, New Orleans, USA) donne des informations très stimulantes concernant le traitement du Lyme long/PTLDS[1]. Ce travail permet de consolider la notion que, pour venir à bout d'une bactérie difficile à éradiquer, une combinaison d'antibiotiques (ATB) a plus de chances d'être efficace que des ATB en monothérapie.
Une fatigue exténuante, non améliorée par le sommeil, est un symptôme partagé par tous les syndromes post-infectieux (Lyme long, Covid long, syndrome de fatigue chronique), quel que soit le pathogène déclenchant, qui est très souvent un virus (zika, chikungunya, Ebola, virus d'Epstein-Barr etc...).
Le NIH (Institut National de la Santé des Etats-Unis) vient de décider de financer 5 projets de recherche sur la maladie de Lyme.
La question générale posée aux chercheurs était :
Comprendre les signes et symptômes persistants attribués au Lyme long (PTLDS).
Le financement du NIH s'élèvera à 3.2 millions de $ la première année. Cela équivaudrait, en France, à un investissement de 600.000 €, uniquement sur ces nouveaux projets (les financements annuels de la recherche sur Lyme, publics + privés, aux USA, sont supérieurs à cette somme). Les projets pourront être financés sur une durée allant jusqu'à 5 ans.
Parmi les pathogènes susceptibles de nous être transmis par les tiques, il y a bien entendu la bactérie Borrelia, responsable de la borréliose de Lyme, ainsi que des pathogènes co-infectants, qu'ils soient bactériens (Anaplasma) ou parasitaires (Babesia). Il y a en outre un virus potentiellement redoutable, TBEV (Tick-borne encephalitis virus), lui aussi transmissible par des tiques.
Bien qu'une infection par TBEV puisse rester asymptomatique, des méningites ou des encéphalites ont été couramment observées, avec des symptômes comme une ataxie, une diplopie, une paralysie faciale, une perte d’audition unilatérale ou une parésie unilatérale d’un membre. Ces symptômes sont généralement (mais pas toujours) transitoires. Une issue fatale est rare.
La notion de syndromes post-infectieux est fondamentale pour aborder la question du Lyme long. Cette notion prend en compte des dimensions immunologiques, neuroendocrines et métaboliques.
Dans un double article en français sur la fatigue chronique, qui est paru dans les numéros d'octobre et de novembre de Médecine/Sciences, Alain Trautmann, chercheur en immunologie, a voulu s'adresser aux médecins généralistes, et cherché à éclairer cette question.